Baisse du cours de l’or : Une opportunité d’achat

L’or est retombé sous la barre des 1.400 dollars, dans un marché plombé notamment par les nombreux contrats short (position vendeuses) qui ont été vendus sur le COMEX. Mais, paradoxalement, l’idée d’acheter ce métal trouve à nouveau de plus en plus d’adeptes, qui voient en cette baisse des prix une opportunité d’achat à ne pas manquer.

Déjà désarçonnés par la politique monétaire des banques centrales américaines, puis les nombreuses péripéties des États de la zone euro, qui croulent sous leur dette, et plus récemment par les inextricables difficultés de la Grèce et de Chypre, les épargnants ont bien du mal à y voir clair sur leur avenir financier. Et à l’heure où nombreux sont ceux qui se demandent si l’on ne va pas taxer en France, comme à Chypre, les dépôts bancaires, l’idée de placer l’or au centre de sa stratégie patrimoniale suscite à nouveau l’intérêt de quelques adeptes.

En effet, les investisseurs sont inquiets et l’or les rassure. Contrairement à la grande majorité des placements, hormis l’immobilier physique, le métal précieux a la particularité d’être tangible et de pouvoir être conservé chez soi ou dans un coffre, échappant ainsi à la manne bancaire.

Bien que les médias grands publics annoncent la fin d’un cycle haussier qui dure depuis 12 ans, beaucoup d’investisseurs réfutent cette thèse et croient que l’or est loin d’avoir dit son dernier mot. Ils appuient leur optimisme en s’appuyant sur la vigueur de la demande chinoise, les difficultés des mines d’or ou l’appétit des banques centrales.

– Demande Asiatique : La demande en provenance de la Chine, mais aussi de l’Inde, figure parmi les éléments supportant le plus le cours de l’or. Premier producteur mondial d’or, avec 361 tonnes par an, la Chine vient de libéraliser l’achat du métal précieux. Le pays est également gros consommateur de ce métal pour son industrie.

– Réduction de la production mondiale : Les groupes miniers se battent avec des coûts d’extraction toujours plus élevés, assortis de problèmes sociaux. Résultat : dans un contexte de repli des prix de l’once, nombre de mines ferment leurs portes ou s’apprêtent à le faire, réduisant la production mondiale (de l’ordre de 2600 tonnes par an). Et qui dit offre en baisse, dit hausse des prix. Enfin, la demande des banques centrales n’a jamais été aussi importante.

– Dévalorisation des monnaies : Les grands argentiers sont très occupés actuellement à éteindre le feu d’un endettement mondial quasi insoutenable. Pour soulager le système financier, ils ont entamé une vaste opération d’acquisition de titres de dettes souveraines et hypothécaires. Affaiblissant par la même occasion la valeur des devises mises dans le circuit. Pour se couvrir du risque inflationniste, ils achètent donc massivement de l’or pour le placer dans leurs réserves de changes. Ils ont ainsi acheté 437 tonnes d’or (net) en 2011, 536 tonnes en 2012, soit un record depuis 1964. Et cette tendance devrait se poursuivre sur 2013.

– Le cours de l’or ne traduit tout simplement plus la réalité physique : Enfin, le cours de l’or « papier » a baissé de manière spectaculaire en contradiction totale avec la situation sur le marché de l’or physique où il devient difficile de s’approvisionner.

L’Asie doit d’ailleurs faire face à la plus grosse vague d’achats « panique » depuis trente ans. Aux Etats-Unis la US Mint, qui n’arrive pas à répondre à la forte demande des investisseurs, a annoncé une interruption temporaire de la vente des pièces d’ 1/10 d’once d’or. La différence entre la valeur du cours spot et la valeur réelle à laquelle il est possible d’acquérir de l’or ou de l’argent physique a augmenté de manière radicale depuis le crash.

S’il devient difficile (voire impossible pour les petites dénominations type pièces) de se fournir en or physique sur la base du cours spot, c’est qu’il y a un problème au niveau du mécanisme de détermination du cours spot, ou qu’il est tout simplement irréel.

Le cours spot ne traduit tout simplement plus la réalité physique et on ne peut plus lui faire confiance pour déterminer la juste valeur de l’or (ou de l’argent) physique.

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