Le prix de l’or laisse présager un ralentissement économique alors que l’effet « Trump » s’estompe

Le prix de l’or, l’un des principaux actifs refuges, a dépassé le seuil de 1 300 $ vendredi pour la première fois depuis que Donald Trump a été élu président des États-Unis en novembre.

La hausse des prix reflète une volatilité accrue sur les marchés mondiaux et une incertitude sur la croissance économique américaine, alors que les réformes proposées par Trump prennent du retard.

Parmi les actifs refuges mondiaux, comme les titres du Trésor des États-Unis, le Yen japonais, les Bunds allemands, l’or et le Bitcoin, l’or bénéficie actuellement d’une position privilégiée.

Les bons du Trésor américain sont un investissement volatile avant les discussions sur le plafond de la dette et un possible arrêt des activités gouvernementales en octobre. Les autres valeurs refuge non physiques, tels que les obligations et les devises, sont exposées aux risques liés à la volatilité américaine et ne peuvent être considérés comme des investissements suffisamment sûrs.

L’or et le Bitcoin, dont les prix sont récemment montés, deviennent les solutions privilégiées pour protéger une partie des portefeuilles d’investissement, en particulier avant la prise de bénéfices attendue sur les marchés boursiers surévalués. Cependant, la montée des cyberattaques et du cyber-terrorisme rendent les investisseurs sceptiques sur le Bitcoin et la technologie blockchain, qui préfèrent donc s’en tenir aux actifs ayant fait leur preuve.

« Détenir des actions, de l’or, ainsi qu’une exposition aux obligations, assure une certaine diversification », a déclaré Mar Faber. « Lorsque l’heure de la vérité arrivera, vous pourrez perdre, par exemple, 50% de vos biens, mais votre voisin perdra tout. Donc relativement parlant, vous aurez très bien réussi. »

L’or physique a été l’un des actifs les plus performants au cours des dernières décennies. Comme en témoigne la dynamique des prix de la Krugerrand, une pièce d’or sud-africaine, qui a superformé l’immobilier local, les marchés boursiers mondiaux et le prix de l’or en dollars entre 2000 et 2017.

Une Krugerrand d’une once coûtait 27 rand (35 $) en 1967, lorsque l’Afrique du Sud a commencé à frapper ces pièces de monnaie afin d’attirer les investissements au milieu de la contestation internationale contre l’Apartheid. Actuellement, l’once d’or Krugerrand coûte 16 840 rand (1 273 $) – et son appréciation a été la plus forte entre 1995 et 2015, en passant de 2 500 ZAR à environ 20 000 ZAR, en raison notamment des problèmes économiques rencontrés par l’Afrique du Sud au cours des 20 dernières années.

L’effondrement économique de l’Afrique du Sud dans l’ère post-apartheid démontre que lorsque les choses se détériorent, l’or gagne significativement plus de valeur que les autres actifs. En outre, la chute de la production internationale, principalement en Afrique, en raison de problèmes politiques et de la guerre perpétuelle à travers le continent, a contribué à la hausse des prix de l’or.

« La croissance de la production minière est à son point le plus bas depuis la crise financière, alors que les risques sont de plus en plus importants », a déclaré Daniel Hynes du Australia and New Zealand Banking Group dans une note.

Une autre raison est le facteur Trump. Lorsque Donald Trump a été élu en novembre, les attentes étaient élevées. Le président était censé favoriser les entreprises et adopter des réformes pour stimuler la croissance économique américaine.

Ces attentes ont poussé les actions à la hausse, et les actifs refuges ont perdu du terrain car les investisseurs cherchaient à engendrer des profits plus élevés avec les actions. Maintenant que le président Trump s’enlise dans la politique partisane de Washington et avec l’opposition, l’enthousiasme est retombé et les capitaux reviennent vers la sécurité.

De plus, la baisse des perspectives macroéconomiques et la politique de la banque centrale américaine bénéficient aux actifs virtuels et alimentent les craintes de bulles, ce qui pousse les investisseurs vers l’or.

« 50% des Américains n’ont pas d’actifs », souligne Faber. « Ils ne profitent pas de l’impression monétaire. Au contraire, ils la subissent parce que le coût de la vie augmente, bien plus que ce que le CPI (indice de l’inflation) ne l’indique. »

À ce stade, la production d’or devient une activité de moins en moins lucrative. La production d’or devrait encore diminuer, ce qui constitue un support pour les prix de l’or.

Pour produire une once d’or. Une mine d’or perdrait en moyenne 1 083 $ en coûts de production, selon les données de PiercePoints. Aux prix actuels de 1 300 $, une marge bénéficiaire de 20% est supérieure à celle d’une banque d’investissement, par exemple, où les taux d’intérêts ultra-bas pèsent sur la rentabilité opérationnelle.

Source : https://sputniknews.com/business/201708211056643017-gold-prices-economic-downturn-trump/

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